À Tarbes, deux énergies seulement se partagent le chauffage

La mairie de Tarbes
Florent Pécassou / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

En bref

À Tarbes, 9 794 logements sont chauffés au gaz naturel et 6 951 à l'électricité, soit 99 % des 16 939 diagnostics. Ni réseau de chaleur urbain, ni fioul résiduel significatif : les propriétaires tarbais n'ont, en pratique, que deux options.

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Un partage à deux, ce qui est rare

Sur les 16 939 diagnostics tarbais, la répartition par énergie de chauffage tient en deux lignes.

Le gaz naturel chauffe 9 794 logements, l'électricité 6 951. Le bois arrive loin derrière avec 85 diagnostics. Aucun réseau de chauffage urbain n'apparaît dans les données, et le fioul n'atteint pas le seuil de publication.

C'est inhabituel. Bourges compte quatre énergies significatives, Laval trois, Charleville également. Tarbes en a deux.

Ce que cette absence change concrètement

Dans les villes dotées d'un réseau de chaleur, celui-ci constitue souvent le meilleur levier collectif disponible : à Castres il porte 62,4 % de classes A ou B, à Nancy 27,3 %, à Bourges 18,6 %.

À Tarbes, cette option n'existe pas. Un immeuble tarbais qui veut améliorer son étiquette ne peut pas se raccorder à quoi que ce soit : il doit agir sur son propre équipement ou sur son enveloppe. Le champ des solutions est plus étroit, et les arbitrages plus contraints.

Gaz contre électricité, le match local

Entre les deux énergies présentes, l'écart est net mais pas dans le sens qu'on croit.

Le gaz affiche 4,4 % de passoires et seulement 2,1 % de classes A ou B. L'électricité affiche 6,0 % de passoires mais 8,1 % de classes A ou B, soit quatre fois plus.

Autrement dit, l'électricité produit à la fois plus de mauvaises et plus de bonnes étiquettes. C'est cohérent : elle recouvre aussi bien de vieux convecteurs que des pompes à chaleur récentes, deux réalités opposées sous une même appellation.

Le plafond carbone du gaz

Ces 2,1 % de classes A ou B côté gaz méritent une explication, car ils concernent la majorité du parc tarbais.

Le DPE croise deux jauges, consommation et émissions, et retient la plus mauvaise. Le gaz tient bien la première mais pèse sur la seconde. Une copropriété tarbaise chauffée au gaz peut donc isoler remarquablement : elle butera sur un plafond que l'enveloppe seule ne franchit pas.

La pompe à chaleur, principale porte de sortie

Faute de réseau, le levier énergétique tarbais le plus direct est la pompe à chaleur, qui reste de l'électricité mais avec un rendement sans commune mesure avec un convecteur.

Elle débloque la jauge carbone tout en réduisant la consommation. Sur une maison individuelle, la décision est immédiate. En copropriété avec chauffage collectif au gaz, elle suppose un vote et une étude, ce qui prend du temps : raison de plus pour l'aborder avant la panne de chaudière.

L'enveloppe, l'autre moitié du sujet

Puisque le choix d'énergie est limité, l'enveloppe reprend de l'importance à Tarbes.

10 189 logements, soit 60 % du parc, ont une isolation des murs jugée insuffisante, avec 8,7 % de passoires et seulement 0,8 % de classes A ou B. Les 2 115 logements aux murs très bien isolés atteignent à l'inverse 19,1 % de A-B et 0,0 % de passoires.

Dans une ville sans alternative énergétique, c'est ce chantier-là qui fait la différence.

Le poste le plus négligé

Une donnée mérite l'attention : 2 810 logements tarbais sont ventilés par simple ouverture des fenêtres, avec 13,9 % de passoires, et 1 688 autres par entrées d'air sans mécanique, à 10,4 %.

À l'opposé, les 1 825 logements dotés d'une VMC hygroréglable récente affichent 0,1 % de passoires et 16,7 % de classes A ou B. Sur un parc majoritairement ancien, traiter la ventilation en même temps que les menuiseries est le geste le moins coûteux du lot.

Ce que nous conseillons avant de vendre

Identifiez d'abord votre énergie et la date de votre diagnostic. Si le logement est électrique et que le document précède le 1er janvier 2026, refaites-le : le coefficient de conversion est passé de 2,3 à 1,9 et l'ancien document sous-estime le bien.

Si vous êtes au gaz, l'étiquette ne bougera pas par ce biais : le sujet est l'enveloppe, ou le changement de système. Un audit énergétique permet de trancher. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état termites exigible dans les Hautes-Pyrénées et l'état des risques à vérifier par adresse.

Questions fréquentes

Quelles énergies chauffent les logements tarbais ?

Deux, essentiellement : le gaz naturel pour 9 794 logements et l'électricité pour 6 951, soit 99 % des 16 939 diagnostics. Ni réseau de chauffage urbain, ni fioul résiduel significatif.

L'absence de réseau de chaleur est-elle un handicap ?

Elle réduit les options. Dans les villes qui en disposent, le raccordement est souvent le meilleur levier collectif : 62,4 % de classes A ou B à Castres, 27,3 % à Nancy. À Tarbes, un immeuble doit agir sur son propre équipement ou son enveloppe.

Pourquoi l'électricité donne-t-elle plus de bonnes ET de mauvaises notes ?

Parce qu'elle recouvre deux réalités opposées : de vieux convecteurs très pénalisants et des pompes à chaleur très performantes. Elle affiche 6,0 % de passoires mais 8,1 % de classes A ou B, contre 2,1 % pour le gaz.

Quel chantier prioriser à Tarbes ?

L'enveloppe, faute d'alternative énergétique : 60 % des logements ont une isolation des murs insuffisante. Et la ventilation, avec 2 810 logements encore ventilés par simple ouverture des fenêtres, à 13,9 % de passoires.

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